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dimanche, mai 29, 2022

Woke à Sciences Po: «Il y a un effet de loupe», rétorque Mathias Vicherat, son nouveau directeur

Sur France Inter, Mathias Vicherat, nommé directeur de Sciences Po en novembre dernier, prône l’«apaisement» au sein de la prestigieuse institution qui a connu de nombreuses crises en un an.

«L’apaisement», c’est le mot d’ordre du nouveau directeur de Sciences Po, Mathias Vicherat, qui, sur France Inter, a exposé l’une de ses priorités: la lutte contre les violences sexuelles. Il y a bientôt un an, une vague de témoignages d’étudiants, témoins ou victimes d’agressions, avait déferlé sur les réseaux sociaux via le hashtag #sciencesporcs. «Nous avons une écoute externalisée avec l’association France Victimes et j’ai recruté une magistratepour diriger une cellule d’enquête pour caractériser les faits», a déclaré Mathias Vicherat.

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«Il n’y avait pas d’omerta particulière» à Sciences Po, argue-t-il. «Le dispositif n’était pas assez robuste. Il faut un dispositif efficace, qui sanctionne. La sanction, c’est à la fois l’article 40 du procureur de la République et ensuite, une sanction disciplinaire qui peut aller évidemment jusqu’à l’exclusion.»

Interrogé sur la réforme d’admission, qui a entraîné des inquiétudes et parfois l’incompréhension d’excellents lycéens recalés sur Parcoursup, le directeur de l’école a répondu: «On dit qu’on a bradé l’excellence, c’est faux. Lors de la dernière admission, nous avons eu + 100% de candidats, 97% des admis ont eu mention ‘‘très bien’’ au bac (80 % par la voie CEP (lycées de zones prioritaires), et 50% ont reçu les félicitations du jury». Le nombre de boursiers, enfin, s’élève à 29 %. «On a augmenté de 5 points le nombre de boursiers», s’est félicité Mathias Vicherat. «Il est possible de conjuguer excellence et égalité des chances.»

«‘‘Woke’’ est un mot fourre-tout»

Les élèves issus des Conventions d’éducation prioritaire, poursuit-il, représentent aujourd’hui 10% des étudiants intégrant Sciences Po. «Dans deux ans, je souhaite que ce soit 15%», a précisé Mathias Vicherat. «On va passer à 200 lycées partenaires en allant davantage dans les zones rurales et périurbaines. Nous sommes une école de plus en plus plurielle: lorsque j’étais étudiant à Sciences Po, plus de 50% de mes condisciples venaient de Paris. Aujourd’hui, les élèves parisiens et franciliens, c’est 30%.»

À propos de l’idéologie «woke» dans l’enseignement supérieur et plus particulièrement à Sciences Po, le directeur a rétorqué qu’il y a un «effet de loupe». «La réalité, depuis mes deux mois à Sciences Po, c’est qu’on ne me parle pas de wokisme matin, midi et soir. Cela représente une portion très congrue des discussions.» Avant de poursuivre: «‘‘Woke’’ est un mot fourre-tout, aujourd’hui: vous pouvez avoir des idées progressistes en matière de climat et être considéré woke. Ce n’est pas très scientifique comme approche. Je veux fonder le débat et les recherches sur la science dans un cadre pluraliste.»

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