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dimanche, août 7, 2022

Anne Hidalgo, la presque candidate

C’est une étape supplémentaire pour installer sa candidature dans le paysage de la présidentielle. Mais, cette fois, celle qui entend rester maître de son temps va devoir se dévoiler un peu plus. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, rassemble près de 300 élus pour « une journée de travail et d’échanges », lundi 12 juillet, à Villeurbanne, près de Lyon où elle a grandi, dans le quartier de la Duchère. Un rendez-vous taillé sur mesure pour afficher, dans un premier discours, son envie et sa détermination à représenter la gauche dite de gouvernement en 2022.

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Après avoir sillonné la France depuis février, sans trop de caméras, Anne Hidalgo veut démontrer qu’elle ne part pas seule dans l’aventure. Sa force : un réseau d’élus locaux socialistes appelé son « équipe de France des maires ». Plus de 200 d’entre eux – dont Martine Aubry (Lille), Johanna Rolland (Nantes), Michaël Delafosse (Montpellier), Olivier Bianchi (Clermont-Ferrand) – ont signé le 30 juin une tribune de soutien dans la presse régionale, intitulée « Pour nous, c’est Anne Hidalgo ».

« C’est sur ce socle de la gauche des territoires qu’elle a décidé de construire sa démarche politique », décrypte Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse et l’un des coordonnateurs de la réunion de Villeurbanne. « C’est le premier étage d’une démarche de rassemblement », complète un autre soutien très actif, Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat. « Lors du traditionnel pot de fin de session des sénateurs PS, raconte-t-il, elle est venue pour la première fois et est restée trois heures à discuter et s’imprégner. »

Un recentrage sur les classes moyennes et populaires

L’autre enjeu du rassemblement est de « commencer à avancer des thèmes prioritaires en phase avec ce qui intéresse les Français, car l’un des motifs de l’abstention est le lien perdu avec leurs préoccupations », souligne Rémi Féraud, sénateur PS et président du groupe majoritaire au Conseil de Paris. Se définissant comme « une femme de gauche, sociale-démocrate, écologiste », Anne Hidalgo veut traiter les sujets de la vie quotidienne, en particulier le travail et la question des salaires. Des domaines dont elle s’occupait au début de sa carrière, en tant qu’inspectrice du travail, puis membre du cabinet de Martine Aubry au ministère de l’emploi.

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« La gauche doit se réinventer sur le plan programmatique. Elle a perturbé et déçu ses électeurs. On ne pourra pas reproduire le programme de François Hollande, estime Jean-François Debat. Dans ce projet revisité, la transition écologique doit être un vecteur de notre objectif de justice sociale. » Citant souvent le modèle de relance du président américain Joe Biden, la maire de Paris plaide pour « la transformation de l’économie grâce à l’écologie ».

Dans le détail, Anne Hidalgo expliquait en juin à l’hebdomadaire Le 1 : « Il faut offrir les perspectives qu’elles méritent aux classes moyennes et aux catégories populaires. Cela passe par des décisions très concrètes en matière de santé, d’éducation, de travail, de logement, d’aménagement du territoire, de service public. » Au-delà d’elle, c’est tout le PS qui tente de se recentrer sur ces catégories. Membre de la direction, Julien Dray propose que le parti retrouve « le goût du peuple » et se dote d’une « ligne populaire ».

Congrès du PS à haut risque en septembre

Le PS justement, sera-t-il unanime à soutenir Anne Hidalgo qui ne pèse aujourd’hui qu’entre 6 et 8 % dans les sondages ? L’élue, très associée à la capitale et qui subit régulièrement des attaques sur sa gestion parfois clivante à l’hôtel de ville, arrivera-t-elle à convaincre au-delà ? Le sénateur Patrick Kanner assure qu’il y a « une forme de consensus » derrière cette candidature. Mais des réticences existent pourtant, comme celles du maire du Mans, Stéphane Le Foll, qui estime qu’on « ne peut pas préparer une présidentielle sans qu’il y ait quand même un minium de débat ». Il réclame donc une primaire, à laquelle il se sentirait « légitime à participer ».

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Autre obstacle : le calendrier de la rentrée. Le congrès du PS se tiendra les 18 et 19 septembre, à Villeurbanne, et verra deux lignes se confronter (lire les repères). C’est seulement après cette échéance, à l’automne, qu’Anne Hidalgo pourra se déclarer. Son camp espère que le congrès ne tournera pas à l’affrontement car, si elle entend dépasser le parti, elle ne pourra pas faire sans lui.

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Une fin d’été sous pression pour le PS

27, 28 et 29 août. Université d’été du PS à Blois, qui accueillera Anne Hidalgo et examinera le projet du parti.

6, 7 et 8 septembre. Journées parlementaires PS à Montpellier, où la maire de Paris interviendra le 8.

9 septembre.Vote des adhérents socialistes sur les textes d’orientation sur la ligne du parti, prélude à la tenue du 79e congrès, à Villeurbanne.

16 septembre. Élection du premier secrétaire, Olivier Faure est candidat à sa réélection. Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, son challenger.

18 et 19 septembre. Congrès du PS à Villeurbanne.

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