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vendredi, août 12, 2022

des législatives anticipées pour reprendre les réformes anticorruption

► Quel est l’enjeu de l’élection ?

Ancienne économiste à la Banque mondiale et porteuse d’un vaste programme anticorruption, Maia Sandu, 49 ans, a remporté en novembre 2020 une large victoire pour devenir présidente de la Moldavie, petit pays d’Europe centrale entre l’Ukraine et la Roumanie. Mais son prédécesseur et rival durant l’élection présidentielle Igor Dodon continuait de contrôler le Parlement et s’opposait fermement à son programme de réforme. Au terme de plusieurs mois de crise politique, la Cour constitutionnelle moldave a finalement autorisé au mois d’avril la présidente à dissoudre le Parlement, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées ce dimanche 11 juillet.

→ PORTRAIT. Maia Sandu, une présidente contre la corruption en Moldavie

« La question sur toutes les lèvres est de savoir si la présidente aura une majorité qui lui permettra de mettre en place son plan de réforme » explique Dionis Cenusa, politologue et doctorant à l’université Justus-Liebig de Giessen, en Allemagne. Dans un pays parmi les plus pauvres d’Europe, épuisé par une décennie de scandales de corruption et de crise politique, l’espoir est aussi celui d’une stabilisation synonyme de rapprochement continu avec l’Union européenne. Bruxelles a notamment annoncé au mois de juin un plan de soutien à la Moldavie de 600 millions d’euros, conditionné à la mise en place de réformes anticorruption que Maia Sandu appelle de ses vœux.

► Quels sont les partis en lice ?

Si plus de vingt partis se sont lancés dans la course, seuls deux sont, d’après les sondages, certains de passer la barre des 5 % pour rentrer au Parlement. Le Parti action et solidarité de la présidente Maia Sandu est crédité de 33 % à 37 % des intentions de vote et pousse pour un redressement du pays par une série de réformes.

Proeuropéenne, Maia Sandu a dans le même temps assuré vouloir un « véritable équilibre » dans sa politique étrangère ainsi qu’un « dialogue pragmatique avec tous les pays, y compris la Roumanie, l’Ukraine, les pays européens, la Russie et les États-Unis ». Son parti devrait aussi pouvoir compter sur le soutien de la très importante diaspora moldave.

Plus proche de Moscou, le Bloc électoral des communistes et socialistes de l’ancien président Igor Dodon pourrait remporter entre 21 % et 27 % des voix et empêcher à la présidente d’obtenir une majorité.

► Quelles sont les réformes majeures poussées par la présidente ?

« La réforme fondamentale voulue par la présidente est celle du système judiciaire ; elle consisterait notamment à faciliter le renvoi de juges corrompus ainsi que la saisie d’actifs et de revenus issus de la corruption », analyse Dionis Cenusa. Autre aspect de la réforme, conditionner l’embauche de nouveaux juges à une vérification de leur probité par une commission, une mesure parfois critiquée comme une atteinte à l’indépendance de la justice. La réforme est jusqu’à maintenant restée bloquée dans un Parlement férocement hostile à la nouvelle présidente et dans un pays encore miné par l’oligarchie.

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