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mercredi, août 10, 2022

le déballage des affaires profite au chanteur antisystème Slavi

C’est l’un des visages les plus connus de Bulgarie, habitué des plateaux et des grands shows télévisés. Mais cela ne fait qu’un peu plus d’un an et demi que ce géant tatoué, crâne rasé et lunettes de soleil, est devenu un habitué des tribunes politiques, depuis les importantes manifestations anti-gouvernementales et anti-corruption. Son mouvement « Il y a un tel peuple » (ITP) pourrait arriver en tête des législatives, dimanche 11 juillet.

De bête de scène à animal politique

Avant cela, Slavi Trifonov, dit « Slavi », était connu comme la star nationale du folklore bulgare teinté de pop-rock, de hip-hop et de punk. L’homme aux 21 albums et aux 13 tournées était également un influent producteur et animateur de télévision pour des émissions de variété.

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Face à lui, Boïko Borissov, conservateur de 62 ans au pouvoir depuis dix ans, doit répondre à un déballage d’affaires sans précédent depuis un premier scrutin en avril qu’il avait emporté sans pouvoir rassembler de majorité derrière lui. L’équipe intérimaire qui l’a remplacé a entrepris de faire la lumière sur ces affaires dans un pays que Transparency international a répertorié comme le grand dernier de l’Union européenne en matière de lutte contre la corruption.

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Scandales à la chaîne

Ainsi, les Bulgares ont appris que près de la moitié des marchés publics étaient attribués sans appel d’offres, selon des données communiquées par le ministre des finances par intérim. Le gouvernement provisoire s’est également penché sur des avances versées par l’État à de grandes entreprises pour la construction de routes ou de barrages, alors que les travaux n’ont même pas démarré et que les délais ont expiré. Ce n’est pas tout : Boïko Borissov est accusé d’avoir protégé l’un des six ressortissants bulgares dont les avoirs ont été gelés par le Trésor américain pour « corruption ». L’ancien premier ministre aurait demandé au procureur général Ivan Guechev d’intercéder en la faveur de l’ancien député et magnat des médias Delyan Peevski.

Une dernière affaire confine à l’horreur et au sordide. Un hôpital public de Sofia est accusé de vendre des organes, des reins prélevés à des Ukrainiens ou des Moldaves, au profit de riches étrangers, en Israël, au Japon ou au sultanat d’Oman. Tous ces scandales ont pesé sur les intentions de vote. Boïko Borissov, qui avait emporté 26 % des suffrages en avril, est à présent donné à 20 %, soit un point derrière le charismatique « Slavi ». Mais ce dernier ne serait pas « intéressé par le pouvoir », selon ses proches.

Vers un 3e ou 4e vote ?

En cas de victoire, Slavi Trifonov, personnage discret qui n’a pas fait campagne, ne participerait pas au gouvernement, ce qui n’est pas sans rappeler la posture d’un certain Beppe Grillo, humoriste italien fondateur du Mouvement 5 étoiles.

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Son parti « Il y a un tel peuple » refuse de surcroît toute coalition avec les partis traditionnels. Il pourrait néanmoins s’allier avec des mouvements nés des manifestations contre la corruption, l’été dernier, comme « Bulgarie démocratique » (droite, donnée à 12 %) ou « Debout ! Mafia dehors » (près de 5 %). Les résultats confirmeront quoi qu’il en soit un paysage politique très fragmenté. Les Bulgares ne sont pas à l’abri d’une troisième ou quatrième élection, si aucune majorité stable ne se dégage.

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