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mercredi, août 10, 2022

La Cour des comptes pointe une efficacité stagnante des politiques de sécurité routière

L’efficacité des politiques de sécurité routières semble avoir atteint sa limite. Dans son rapport du jeudi 1er juillet, la Cour des comptes déplore que « le nombre de morts sur les routes ait cessé de diminuer depuis 2013 », malgré le « succès incontestable à l’échelle du demi-siècle » des politiques publiques.

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De 18 000 tués sur les routes de France en 1972, le chiffre est tombé à moins de 3 500 en 2018 et 2019. Mais après une forte diminution entre 2008 et 2013 – période au cours de laquelle le nombre de morts par million d’habitants est passé de 69,4 à 52,2 -, les chiffres se sont stabilisés et la France est passée du 7e au 14e rang dans le classement européen.

Des stratégies plus globales

Une stagnation que la Cour des comptes attribue à une politique centrée, depuis le début des années 2000, sur les « comportements des usagers » en agissant notamment sur la vitesse, avec l’introduction des contrôles radar en 2003 et l’abaissement de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires. Cette stratégie a fait ses preuves, mais reflète selon la Cour, les difficultés de l’État à agir sur d’autres facteurs, tels que les infrastructures routières.

La Guadeloupe au défi de la sécurité routière

Pour dépasser ce palier, elle préconise de s’inspirer des voisins européens, en se tournant vers des stratégies « plus globales », axées sur la pédagogie, les infrastructures, mais aussi une plus grande inclusion des collectivités locales dans l’élaboration des politiques de sécurité routière. « L’identification, la mise en valeur et la diffusion des pratiques locales efficaces d’un territoire à l’autre sont des leviers d’action puissants, qui pourraient être davantage mobilisés », appuie le rapport.

Pour la présidente de la Ligue contre les violences routières Chantal Perrichon, la vitesse reste toutefois le facteur essentiel à prendre en compte. « Agir sur la vitesse est le seul levier qui permette de voir le nombre d’accidents baisser rapidement. Il faut évidemment travailler sur les infrastructures et la modernisation du parc automobile, mais ce sont des chantiers très longs », souligne-t-elle.

« Il faut des mesures courageuses »

Par ailleurs, le rapport de la Cour des Comptes estime que « la priorité accordée aux contrôles automatisés doit s’accompagne d’une présence maintenue des forces de sécurité au bord des routes et dans les flux de circulation, en particulier de la police nationale ». Une recommandation que Chantal Perrichon juge insuffisante : « Il faut des mesures courageuses, avec notamment beaucoup plus de voitures banalisées, suggère la présidente de la Ligue contre les violences routières. Ce système a fait ses preuves chez nos voisins anglais parce qu’il incite les automobilistes à réduire leur vitesse, y compris en dehors des zones de contrôle par radar. »

L’innovation technologique au service de la sécurité routière

La Cour souhaite enfin voir les objectifs de la politique de sécurité routière évoluer, et s’attacher davantage aux blessés graves, dont le nombre s’accroît « en raison de la mutation des mobilités avec l’augmentation du nombre de cyclistes et de piétons, et l’évolution de la démographie ».

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