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mercredi, août 10, 2022

blessé par balle, un journaliste d’investigation entre la vie et la mort

Il est devenu à ses dépens un « héros national », selon les mots de la maire d’Amsterdam, Femke Halsema. Un journaliste néerlandais célèbre s’est fait tirer dessus mardi 6 juillet au soir, en sortant d’un studio de télévision dans le centre-ville d’Amsterdam. D’après la police locale, Peter Rudolf de Vries a été transporté à l’hôpital « gravement blessé » après avoir reçu une balle en pleine tête. Sur des vidéos capturées par des témoins anonymes, le reporter est étendu au sol avec du sang au niveau du visage.

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« Son état est critique, les dernières nouvelles ne sont pas du tout encourageantes », assure Pauline Adès-Mevel, porte-parole de Reporters sans frontières (RSF) jeudi 8 juillet. Le soir de l’attaque, le premier ministre Mark Rutte a organisé une réunion d’urgence avec son ministre de la justice, Ferdinand Grapperhaus, et les forces de sécurité locales pour faire le point sur l’enquête en cours. La police a annoncé mardi avoir arrêté trois individus repérés grâce à des caméras de surveillances.

Un journaliste impliqué

Peter Rudolf de Vries est un habitué des affaires criminelles classées (les fameux « cold cases »). Depuis deux décennies, il a sa propre émission de télévisionintitulée « Peter R. de Vries, Crime Reporter ». Son travail a été récompensé d’un Emmy Award en 2008 pour un reportage sur la disparition d’une Américaine, Natalee Holloway. Mais son implication dans les affaires sur lesquelles il enquête – Peter R. de Vries a témoigné lors de plusieurs procès – lui a aussi valu des menaces de mort et une protection policière permanente.

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Depuis l’année dernière, il conseillait le principal témoin à charge contre Ridouan Taghi, longtemps considéré comme le criminel le plus recherché des Pays Bas, à la tête d’un vaste réseau criminel. L’avocat et le frère du témoin ont été tués en 2018 et 2019. Peter R. De Vries disait figurer sur la liste des cibles à abattre de Ridouan Taghi.

Les Pays Bas, garants de la liberté de la presse

« Il est extrêmement inquiétant qu’un acte d’une telle envergure ait lieu dans un pays où le travail journalistique se déroule dans de bonnes conditions », déplore Pauline Adès-Mevel. L’organisation classe les Pays Bas en sixième position dans son dernier classement mondial de la liberté de la presse. « Il ne faut pas que cette attaque ait un effet dissuasif sur les autres journalistes d’investigation néerlandais, ajoute la porte-parole. On l’a vu à Malte, en Slovaquie et en Italie (où des journalistes ont été tués pour leur travail d’enquête), ces assassinats envoient un signal aux autres journalistes. Nous demandons aux autorités que l’enquête soit menée en totale transparence pour qu’il n’y ait pas d’impunité. »

Les Pays Bas, où règne « un grand respect pour la liberté de la presse, avec un cadre législatif très protecteur » selon RSF, ne sont pas exempts de pressions exercées à l’encontre de journalistes : une grenade a déjà été retrouvée chez l’une d’elles et les attaques en lignes sont fréquentes, notamment à l’encontre de femmes et de journalistes étrangères. Peter R. de Vries n’était d’ailleurs pas le seul, un autre journaliste d’investigation est placé sous protection policière. « Il faut que tous ceux qui demandent une protection puissent l’obtenir sans tarder », ajoute Pauline Adès-Mevel.

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