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samedi, août 13, 2022

un indépendantiste kanak à la tête du gouvernement, une première

Un indépendantiste a été élu jeudi 8 juillet à la présidence du gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie, une première depuis l’accord de Nouméa de 1998 qui intervient à quelques mois du troisième et dernier référendum d’autodétermination prévu le 12 décembre. « C’est un honneur et un privilège. On doit porter un héritage qui est lourd, celui de notre figure de proue, Jean-Marie Tjibaou », a déclaré Louis Mapou après son élection, rendant ainsi hommage au dirigeant kanak assassiné en 1989.

Louis Mapou, 62 ans, a obtenu six votes parmi les onze membres du gouvernement : les trois voix de son parti l’UNI-FLNKS (Union nationale pour l’indépendance) et les trois voix de l’autre branche du FLNKS, l’Union Calédonienne (UC). Le loyaliste Thierry Santa, président sortant, a remporté quatre suffrages et le membre du gouvernement issu du parti de centre droit, Calédonie ensemble, a voté blanc.

→ ANALYSE. Référendum : le gouvernement et les partis calédoniens se projettent sur l’après-Nouméa

Le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu a adressé « ses félicitations républicaines » à Louis Mapou et l’a invité pour une rencontre prochainement à Paris ou en visioconférence pour évoquer, entre autres, la crise sanitaire et « les difficultés structurelles des finances publiques calédoniennes ».

La fin d’une crise institutionnelle

Cette élection, remportée pour la première fois par un Kanak, met fin à une crise institutionnelle de plus de cinq mois durant laquelle le 17e gouvernement de l’accord de Nouméa, élu le 17 février, n’a pu entrer en fonction car les frères ennemis du FLNKS –l’UNI et l’UC– se disputaient la présidence. Un accord a été trouvé la semaine dernière. Dans l’intervalle, l’exécutif sortant a expédié les affaires courantes.

Louis Mapou veut faire de la crise des finances publiques et de l’important déficit des comptes sociaux ses urgences et a inscrit sur sa feuille de route la lutte contre les inégalités, contre la dérive d’une partie de la jeunesse kanak et contre les violences faites aux femmes. Il a assuré vouloir diriger « un gouvernement de proximité » et « se projeter au-delà du référendum dans un cadre apaisé et serein ».

Les deux premiers référendums sur l’indépendance organisés en novembre 2018 et en octobre 2020 ont été remportés par les pro-France avec respectivement 56,7 % et 53,3 % des suffrages. Lors de récents échanges à Paris, à l’invitation du premier ministre Jean Castex et de Sébastien Lecornu, il a été décidé que le référendum du 12 décembre serait suivi, quel qu’en soit le résultat, d’une période de transition jusqu’à « un référendum de projet » avant le 30 juin 2023.

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