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dimanche, août 7, 2022

en Angleterre, le « Freedom Day » de Boris Johnson sous le feu des critiques

L’histoire pourrait bien se répéter une nouvelle fois, sept mois après le fiasco sanitaire du mois de janvier. Lundi 5 juillet, le premier ministre britannique Boris Johnson a fixé au 19 juillet la levée totale des dernières restrictions en vigueur en Angleterre, qui doit se traduire par la réouverture des discothèques et des salles de spectacle sans jauge, le retour du service au bar dans les pubs et la fin du masque obligatoire et des réunions à six maximum. L’intronisation de « la responsabilité individuelle » comme dernier rempart contre le Covid-19, les Anglais choisissant, ou non, de porter un masque, est déjà critiquée outre-Manche.

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Les exécutifs écossais et gallois, indépendants de Londres sur les questions sanitaires, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne suivront pas la date du « Freedom Day » anglais, évoquant une « échéance politique fixée artificiellement » par Boris Johnson. « Nous suivrons les données scientifiques plutôt », a ajouté Eluned Morgan, ministre de la santé du pays de Galles.

Des statistiques qui ne sont pas bonnes, comme le relevait une grande part de la presse britannique mardi 6 juillet. Avec 25 065 nouveaux cas par jour en moyenne sur la semaine passée (+ 53 % par rapport à la semaine précédente) – dont plus de 90 % de variant Delta –, l’épidémie remonte en flèche. Selon les modèles, le pic de ce qui s’apparente à une quatrième vague pourrait être atteint entre août et septembre.

Un été sans restriction

Cette fois, « BoJo », qui a été attaqué à plusieurs reprises sur sa gestion versatile de l’épidémie, semble avoir anticipé les critiques. « À ceux qui disent que nous devrions repousser (la fin des restrictions), l’alternative est de rouvrir l’hiver prochain, quand le virus sera à son avantage, ou pas du tout », a-t-il justifié lundi 5 juillet. L’exécutif semble donc accepter un probable rebond modéré, quitte à rétablir des restrictions à l’automne.

Un pari qui repose sur l’arrivée des fortes chaleurs et la fermeture des écoles durant les vacances estivales pour contenir la percée du virus. « Depuis la seconde vague, on sait que c’est essentiellement par les écoles et les universités que le virus s’est disséminé, reconnaît Philippe Froguel, généticien et professeur à l’Imperial College de Londres. Les catégories les moins symptomatiques (enfants et jeunes) contaminent les plus symptomatiques (les plus âgés), et ça passe inaperçu. Ce robinet-là est fermé en juillet et août. »

« Une frange de la population n’est pas vaccinée »

Mais la flambée des contaminations n’est pas sans risque. Cinq jours avant les annonces de Downing Street, son conseil scientifique, le SAGE, recommandait a minima de maintenir le port du masque dans certains espaces. « Mes collègues de l’Académie anglaise de médecine sont critiques de cette décision, décrypte Philippe Froguel. Cette nouvelle vague nécessite de la prudence vu la contagiosité du variant Delta. Il y a toute une frange de la population, chez les jeunes surtout, qui n’est pas vaccinée, et un risque réel qu’ils se retrouvent hospitalisés. Aujourd’hui, ils constituent la moitié des entrées à l’hôpital. Il ne faut pas oublier qu’une partie d’entre eux sera malade d’un Covid long pendant des mois, voire des années. »

Initialement prévue en juin, Boris Johnson avait décalé l’échéance du « Freedom Day » de quatre semaines en espérant qu’entre-temps la vaccination ait pris le dessus. Avec 68 % de primo-vaccinés (50,3 % en France), le Royaume-Uni est certes en avance sur ses voisins européens, mais loin d’être immunisé. L’exemple d’Israël n’est pas loin : malgré une vaccination express, l’État hébreu a réintroduit le port du masque en intérieur après un court sursis face à la reprise de l’épidémie.

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