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jeudi, juin 30, 2022

Le gouvernement va multiplier les dissolutions d’associations

La dissolution est une arme qu’Emmanuel Macron aura abondamment utilisée : déjà douze décrets portant dissolution d’associations (et de leurs ramifications) depuis le début de son quinquennat, contre cinq par François Hollande et deux par Nicolas Sarkozy. Et ce n’est pas fini, puisque la loi d’août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite « contre les séparatismes », en étend le champ d’application.

Mercredi 29 septembre, deux nouvelles structures ont été dissoutes en conseil des ministres. « Dans l’année qui vient, dix autres associations vont faire l’objet d’une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain », insistait le même jour le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, dans un entretien au Figaro.

Lutte contre l’islamisme

Cette accélération s’explique essentiellement par la lutte contre l’islamisme. Sept associations dissoutes par Emmanuel Macron, trois par François Hollande et une par Nicolas Sarkozy se rattachent à cette mouvance. Les organisations islamistes interdites les plus connues sont l’ONG BarakaCity, en octobre 2020, et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), en décembre 2020.

→ ANALYSE La stratégie de la dissolution d’associations en question

Ce mercredi, c’est au tour des éditions Nawa-Centre d’études orientales et de traduction, créées en 2008 à Pamiers (Ariège). Le décret de dissolution reproche à son président d’évoluer « dans un environnement pro-djihadiste dont il partage les valeurs ». Sont également répertoriées plusieurs publications, légitimant par exemple « le recours à la lapidation contre les homosexuels et les femmes adultères ». Contestant la réalité de certains écrits soutenant la mise à mort et la violence, l’association s’est défendue en indiquant que, pour les autres, il ne s’agissait que de traduction ne l’engageant pas sur le fond.

Prêcheurs de haine

Cinq mouvements d’extrême droite, parfois représentés par plusieurs structures, ont par ailleurs été dissous, deux par François Hollande et trois par Emmanuel Macron. Parmi eux, L’Œuvre française (en 2013), d’inspiration néo-fasciste et néo-pétainiste, dont le fondateur Pierre Sidos (décédé en septembre 2020) avait tenté de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 1969. Et, surtout, Génération identitaire, en mars 2021, figure de proue de la jeunesse activiste d’extrême droite.

Enfin, trois autres associations, aux revendications identitaires plus spécifiques, ont été récemment dissoutes. Ce fut le cas en 2020 de la branche française des Loups gris, mouvement ultra-nationaliste turc. Idem, en 2006 puis 2009, pour les groupes suprémacistes noirs successivement fondés par Kémi Séba.

C’est encore le cas, ce mercredi, de la Ligue de défense noire africaine (LDNA). Active depuis 2017, celle-ci est connue pour ses coups de force et sa violence verbale. Dernier en date : le 10 septembre à Val-de-Reuil (Eure), en bousculant une adjointe au maire afin de s’introduire dans la mairie. Le décret de dissolution lui reproche non seulement d’appeler à la haine et à la discrimination mais aussi de provoquer au terrorisme. Sont visées des publications perçues comme soutenant les attaques terroristes de mars 2012, à Toulouse et à Montauban, contre une école juive et contre des militaires, et contre l’intervention militaire française au Mali. L’une d’entre elles appelle les jeunes de couleur de peau noire à agir « en loup solitaire ».

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